1952. L'asile de St. Dymphna accueille de nombreux patients, meurtriers, malades ou même sorcières de toutes origines. Et vous, pourquoi êtes-vous ici ?
 

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You feel like home. | feat. Marlene Køhler

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Cela faisait dix bonnes minutes qu'il pétrissait la pâte à pain avec un mouvement répétitif, plongé dans ses pensées. Après plus de six mois, sûrement déjà sept, passés dans cet endroit qui sentait la mort et le moisi, les cuisines lui paraissaient encore l'endroit le plus accueillant de ce foutu asile. L'ambiance y était généralement plutôt calme car on y autorisait uniquement les patients assez calmes et avec une capacité de concentration qui leur permettait d'effectuer les tâches parfois délicates. Ils ne s'approchaient pas des couteaux, qui étaient uniquement maniés par le chef et éventuellement les commis (qui ne tenaient généralement pas plus de quelques semaines). Généralement, on leur confiait la réalisation des gâteaux et de la pâte à pain. C'était quelque chose d'assez thérapeutique, étonnamment, et il était considéré comme un privilège de participer à cette activité.

Son esprit dériva dans plusieurs directions. D'abord, son récent flirt avec la mort et à quel point ça avait été désagréable. Ca paraissait évident dit comme ça, mais Berwald n'avait pas supporté cette sensation de vide et de froid, et surtout, la perspective d'être coincé ici pour toujours. Ce qui l'amenait à son deuxième sujet de réflexion, s'échapper d'ici. Ce n'était pas mince affaire, car les nonnes et les gardes avaient des yeux partout, et si jamais les fautifs étaient rattrapés, qui sait ce qu'on aurait pu leur faire subir. Le danger principal était la mère supérieure qui semblait avoir un don pour intervenir avant même que quelqu'un ait pu mettre un plan en action.

Il avait eu, quelques jours plus tôt, une discussion avec les deux autres Nordiques de l'asile, Siri et Þórbjörn, qui s'avéraient têtues mais très lucides, et intéressés par la perspective de s'échapper. Peut-être allaient-ils se montrer d'une aide précieuse.

Soudain, un visage moucheté de taches de rousseur apparut à quelques centimètres du sien et il sursauta légèrement, s'essuyant les mains sur son tablier.

- Marlene.

Il lui fit un petit sourire en coin. Elle avait un don pour surgir de nulle part et lui faire des frayeurs, bien qu'il commençait à s'habituer.


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Lun 25 Avr - 15:24

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- Marlene.

Elle lui rendit son sourire, frissonnant légèrement à la seule entente de son prénom dans sa bouche. Elle ne se remettrait jamais de la façon dont il le prononçait ; d’abord à cause de son accent qu’elle trouvait adorable et bien moins disgracieux que le sien, puis de sa voix en elle-même. Elle était grave, profonde, et elle rappelait à la Danoise les longues nuits d’hivers passées sur le canapé, enroulés tous les deux dans la couette, un chocolat chaud dans les mains, où ils étaient supposés regarder une émission télévisée mais trouvaient en réalité bien plus d’intérêt en leurs personnes respectives.
Le souvenir fit monter une chaleur agréable dans sa poitrine, qui s’intensifia en songeant que ce même homme était amoureux d’elle et voulait faire d’elle sa femme.

- Berwald, répondit-elle sur le même ton, en prenant ses mains dans les siennes et entrelaçant fermement leurs doigts.

Elle déposa un - pour une fois - chaste baiser sur ses lèvres qui, aux yeux de la blonde, ne demandaient qu’à être embrassées, puis se détacha de lui et s’assit machinalement sur un plan de travail, balançant ses jambes fuselées dans le vide.

- Ca fait longtemps que les nonnes t’ont mis au turbin ? Je ne t’ai pas vu de la journée, je m’ennuyais de toi.

Elle appuya ses dires par une moue dramatique, qu’elle balaya d’un rire léger. Elle avisa la pâte à pain sur laquelle Berwald travaillait un peu plus tôt et la désigna d’un coup de menton.

- Besoin d’aide ? J’ai à nouveau le droit de toucher aux aliments.


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- Berwald, répondit-elle en entrelaçant leurs doigts comme si leur place avait toujours été là.

Ses lèvres se posèrent sur les siennes avec la délicatesse d'un flocon de neige, et le Suédois ne put empêcher le rouge de lui monter aux joues. C'était ainsi, avec elle. Ca avait beau être la personne qu'il connaissait le mieux et en qui il avait le plus confiance, il avait toujours cette émotivité chaque fois qu'elle lui témoignait une marque d'affection. Lentement, elle se détacha de lui, puis dans un mouvement souple, s'installa sur le plan de travail, balançant ses jambes comme une enfant.

- Ca fait longtemps que les nonnes t’ont mis au turbin ? Je ne t’ai pas vu de la journée, je m’ennuyais de toi, commenta-t-elle avec un air théâtral puis un doux rire.

- Ca doit faire... Une heure ou deux, répondit-il en continuant de pétrir la pâte, les mains pleines de farine. Je perds un peu la notion du temps, ici.

- Besoin d’aide ? J’ai à nouveau le droit de toucher aux aliments.

Berwald hocha la tête et désigna du menton une plaque où reposait une quantité non négligeable de pâte qui attendait d'être pétrie. Il n'allait pas refuser une aide si gentiment proposée, puisqu'il appréciait le temps passé ici, mais le mouvement répétitif finissait par lui donner mal au crâne, et la pâte devenait vite impossible à décoller de la peau.

Un court instant, il se replongea dans ses pensées, en regardant Marlene et ses tâches de rousseur comme autant de constellations inconnues sur son visage. Savait-elle qu'il la trouvait parfaite jusque dans ses défauts ? Sûrement, elle aurait même eu une facilité déconcertante à en jouer, mais elle ne le faisait pas. C'était peut-être ça, l'amour. Se mettre en danger pour témoigner d'une confiance absolue.

- Ne touche pas à la pâte à droite, la vieille Martha a craché dedans.


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Jeu 26 Mai - 16:48

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Elle l’observa quelques instants, un rose discret apparaissant peu à peu sur ses joues mouchetées. C’était plus fort qu’elle ; ç’avait beau faire des mois qu’elle le connaissait par coeur, elle ne pouvait s’empêcher de le contempler comme une gamine énamourée. Elle voulait retenir chaque petit détail de sa personne pour les longues nuits qu’elle passait loin de lui, dans sa cellule froide et sombre, retenue par une camisole censée prévenir ses crises d’hystérie.
Elle songea avec un léger pincement au coeur que lesdites crises étaient généralement provoquées par ce même manque vis-à-vis de sa personne, et ses yeux se firent humides lorsqu’elle se rappela la douleur des premières nuits et le vide dévorant dans sa poitrine qui n’avait cessé de se creuser depuis. Tout était vif dans sa mémoire ; les cris, les coups des agents de sécurité, les voix des nonnes qui essayaient d’abord de la raisonner puis qui l’insultaient tout bonnement - dormir avec un homme qui n’est pas son mari ! - ses pleurs, le lit cassé par la force de l’adrénaline, le bruit du fouet qui claque et la douleur tout aussi bien physique que mentale à l’idée que rien ne serait plus jamais pareil.

Marlene finit par sortir de sa rêverie et secoua la tête, avant de sauter du plan de travail et de remonter ses manches pour mieux se mettre au travail. Elle avisa la pâte à sa droite avec dégoût et préféra se concentrer sur celle indiquée par Berwald - elle ne tenait pas vraiment à savoir si un mollard pouvait changer la texture du pain ou non.
Habituée, elle mit un peu de farine sur ses mains pour éviter que la pâte ne s’y colle, et entreprit de la pétrir aux côtés de son fiancé.

Elle n’allait pas mentir, cuisiner lui manquait ; d’abord parce que c’était un passe-temps qui lui plaisait, mais aussi parce que cela supposait manger autre chose que la bouillie infâme servie par l’asile et surtout parce que c’était une activité qui lui rappelait la liberté.
Ses envies de prendre la poudre d’escampette, dernièrement, étaient plus fortes que jamais, et en jetant un regard en coin à son amant, elle se demanda si c’était son cas aussi.
Berwald avait toujours été quelqu’un de prudent et s’évader ne l’était pas, mais elle savait que la perspective d’un avenir à deux pourrait être un bon argument pour le convaincre.

Aussi, avec un sourire nonchalant, elle déclara :

- Cuisiner avec toi me rappelle les soirs où tu rentrais assez tard du travail mais où tu voulais absolument participer quand même. Ou alors les dîners sur la terrasse en tête-à-tête. C’était bien, hein.

Son regard se fit lointain, puis elle se lécha les lèvres, et vérifiant que personne alentour ne pouvait les entendre, elle lâcha :

- Berwald, il faut qu’on parte d’ici. Absolument.

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Ven 27 Mai - 21:38




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- Cuisiner avec toi me rappelle les soirs où tu rentrais assez tard du travail mais où tu voulais absolument participer quand même. Ou alors les dîners sur la terrasse en tête-à-tête. C’était bien, hein.

- Oui, acquiesça-t-il doucement. C'était bien.

C'est vrai que c'était bien. Elle lui avait rappelé de nouveau une de leurs tranches de vie "pré-asile", un monde qui semblait alors à des lieues d'ici. Il fixait d'un air morne la pâte à pain qu'il malaxait toujours dans un geste monotone et répétitif, jusqu'à ce que quelques mots franchissent les lèvres de Marlene et l'interrompent.

- Berwald, il faut qu’on parte d’ici. Absolument.

Sa gorge se serra. Je sais, avait-il envie de répondre, je sais que cet endroit nous rend plus fous qu'on ne l'était déjà. St Dymphna était un enfer sur terre, avec ses cellules moites et puantes et son personnel aux tendances sadiques. Oui, il fallait bien sortir d'ici, ou plutôt, il aurait fallu. Comment atteindre la liberté alors qu'il y avait des dizaines de personnes autour d'eux pour leur empêcher précisément de le faire ?

Oh, c'est vrai, l'idée d'une vie libre, avec Marlene, lui plaisait terriblement et parfois il en rêvait, la nuit. Il rêvait de leur grande maison dans l'arrière-pays, dans une petite ville hors du temps et hors du reste. Le vent chaud d'un Etat de l'Ouest, peut-être, ou bien même une grande villa en bois dans la montagne, qu'il aurait pu bâtir lui-même. Pas trop loin de la ville cependant car il savait que Marlene n'aurait pas aimé vivre à l'écart total.

Il aurait pu trouver un boulot qui ne payait pas de mine dans une épicerie, dans un endroit où personne ne le reconnaissait, et peut-être même... Peut-être même qu'ils auraient pu se marier. Il regarda Marlene un bref instant, et son imagination se superposa à la réalité, lui présentant le portrait d'une jeune femme radieuse en robe blanche.

- J'en ai envie aussi, ne crois pas. Mais... J'ai tellement peur que... Tout finisse mal.

Et s'ils mourraient ? Et si elle mourrait et pas lui ? Tant de questions qui lui brûlaient les lèvres mais qu'il ne parvenait pas à articuler, espérant qu'elle puisse sentir sa détresse.


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Dim 29 Mai - 0:47

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- J'en ai envie aussi, ne crois pas. Mais... J'ai tellement peur que... Tout finisse mal.

Marlene sentait bien son hésitation. Elle aussi, avait des craintes. Elle avait déjà perdu Berwald une fois et cela lui avait suffi, elle ne tenait vraiment pas à ressentir ce vide à nouveau. Elle se souvenait parfaitement des émotions qui s’étaient succédées en elle ; d’abord, l’inquiétude, lorsqu’elle l’avait vu malade, puis la panique lorsqu’il avait agonisé ; ensuite cet atroce sentiment de creux et de néant à sa dernière expiration, et enfin le désespoir mêlé à la douleur qui s’était répandu en elle en une fraction de seconde, la rongeant complètement.
Non, elle n’était pas prête à revivre ça. Pourtant, quand elle le regardait, elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle ne pouvait pas le laisser dépérir ici plus longtemps non plus, car l’asile les tuait à petit feu et elle savait que Berwald était bien plus enclin à la déprime qu’elle.

Contrariée, elle commença à réfléchir à toute vitesse, pétrissant la pâte avec hargne dans le procédé.

- Dans le pire des cas, commença-t-elle, la gorge sèche, puisque je sais ce qui t’inquiète...Si l’un de nous meurt, on sera rapatrié à la morgue.

Elle ferma les yeux quelques instants, comme pour s’empêcher de trop se figurer la situation, avant de reprendre.

- Si nous sommes à la morgue, nous serons ressuscités et soignés par l’ange de la mort, quel qu’il soit. Donc...ce ne sera pas une fin en soi. On a plein de jokers pour perfectionner notre plan.

Elle continua à malaxer la pâte avec entrain, s’essuyant machinalement le front qu’elle couvrit de farine au passage, puis lâcha un lourd soupir.

- Après, si tu préfères jouer la sécurité et croupir ici, libre à toi. Mais c’est pas mon cas.


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Lun 25 Juil - 22:01




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Berwald serra les dents, malaxant la pâte à pain avec plus de fermeté qu'à son habitude, visiblement rongé par une réflexion rapide et déplaisante.

- Peut-être que "l'ange de la mort" ne peut nous ressusciter que si l'on meurt ici. Et si on meurt en cavale ? Et si trop de monde mourrait et qu'il ne pouvait pas s'en charger ? Tellement de choses pourraient mal tourner. Il faut... Il faut un plan en béton. Sinon ça se résume à une mission suicide. N'oublie pas que même si on revient à la vie, on va se manger la punition de notre vie.

Il disait cela les dents serrées et le visage tendu, le regard fixé droit devant lui comme s'il n'osait pas croiser le regard de Marlene. Bien sûr qu'il avait envie de sortir d'ici, et de vivre ailleurs que dans cet endroit humide et infesté de rats. Mais la peur lui liait les poignets avec une force qui le remplissait de doute.

Quelque part, songeait-il, cet endroit était plus efficace que la prison : il n'avait jamais autant regretté ses actes qu'après des mois enfermés à St Dymphna. C'était, sans doute,, pire qu'une condamnation à mort pour ceux dont l'esprit fragile cédait sous le poids de l'ombre qui régnait ici. Lui-même sentait son sens commun s'étioler au fil du temps.

Il lui était arrivé d'avoir des pensées brutales, inconsidérées. Il aurait certainement pu d'un mouvement net briser le crâne d'une infirmière contre le mur, et même la plupart des gardiens ne lui faisaient pas peur. Mais il avait obtenu une confiance relative de la part du personnel. Cela pouvait lui donner un avantage dans une tentative d'évasion, mais si cela échouait, il n'aurait pas de deuxième chance.

Le monde au-dehors ou les murs de la cellule d'isolement. L'espoir ou la folie. La récompense ou la punition. Le paradis ou l'enfer.

La victoire ou la mort.


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Mer 27 Juil - 15:38

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Marlene écouta chacun de ses arguments avec une moue de plus en plus agacée.
Elle détestait quand il se décidait à jouer les voix de la raison et il lui arrivait parfois de s’imaginer lui couper la langue dans ces moments-là, tant il l’énervait ; mais elle se ravisait bien vite car cela l’empêcherait d’être pleinement performant au lit - et puis, ça restait Berwald.
Elle préféra, pour se calmer légèrement, s’acharner sur un morceau de pâte qui se déchira comme de la chair tendre sous ses doigts, et la Danoise se prit à rêver de l’époque où elle faisait autant tourner les têtes que ce qu’elle les coupait.
Elle avait une vie qui en aurait fait rêver beaucoup d’autres ; un bel appartement, de beaux habits, un bel amant, de l’argent, énormément d’argent, et surtout ce sentiment d’être au-dessus de la plèbe, presque à l’état de dieu ayant un pouvoir de vie et de mort.

Elle regrettait sa gloire perdue et elle comptait bien retrouver un semblant de liberté, faute de mieux, quoi qu’il puisse en dire ou en penser.


- Au risque de me répéter, je crois que je préfère encore crever libre sur le chemin qu’enfermée ici avec une vie qui n’en est même plus une. J’en ai assez d’entendre que je suis folle, que je suis une abomination, une salope de bas étage - alors que de toute façon, je serais bien trop chère pour n’importe qui dans ce putain d’asile. Je veux sentir le soleil sur ma peau, la neige fondre sur ma langue, je veux inspirer de l’air frais et pas celui pourri de ma cellule. Je veux pouvoir sentir bon, être propre, porter des robes ou des pantalons comme j’en ai envie, je veux pouvoir manger autre chose que de la bouillie infâme et du pain rassis...

Tout en parlant, elle faisait les cents pas dans la cuisine, agitée par toutes les visions qui s’imposaient à elle tandis qu’elle les citait.

- Mais surtout...Je veux avoir une famille avec toi, Berwald. Et je me refuse à offrir l’orphelinat à la chair de ma chair…

Elle lui prit les mains et traça les lignes de sa main, contrariée.

- ...A la concrétisation de notre amour.

La Danoise finit par le lâcher après quelques secondes de réflexion mélancolique.

- Peu m’importent les risques ou les punitions. Je suis prête à brûler St Dymphna et tous les autres patients pour sortir d’ici s’il le faut.


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Sam 10 Sep - 18:03




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Oh, Berwald l'entendait, tout cela. Il avait les mêmes ambitions qu'elle. Au fond de lui, quelque chose lui disait qu'il n'aurait jamais dû naître ; non-désiré par une mère qui l'avait abandonné à l'aube de sa vie, éduqué par un père aimant mais qui était épuisé par ses journées partagées entre boulot et éducation. Malade certainement, probablement depuis sa naissance ou tout du moins incliné à l'être.

Il aurait peut-être dû céder aux penchants suicidaires qui l'avaient tourmenté pendant son adolescence. Ainsi il serait parti en laissant autre chose qu'un souvenir amer. Mais il était là à présent et il était bien tard pour refaire le passé. Il écoutait Marlene et sentait la frustration au fond de sa voix, celle de quelqu'un qu'on a privé de soi-même pendant trop longtemps.

Berwald savait qu'elle jouait sur la corde sentimentale en parlant de famille, cependant il devait l'avouer, l'idée ne lui était clairement... Pas déplaisante. Il y avait de la peur de ne pas être à la hauteur pour une telle tâche, après tout, créer, façonner un nouvel humain ne pouvait pas être si simple. La preuve, sa mère avait abandonné. Mais il y avait une sorte d'anticipation, aussi. De besoin primitif.

Le Suédois la regardait tracer les lignes de sa main couverte de farine d'un air vide. D'un autre côté, il aurait pu passer trente ans dans cet asile sans se sentir prêt à tenter quoi que ce soit. Il fallait une impulsion, essayer quelque chose même si les chances n'étaient pas de 100%. Marlene pouvait être cette impulsion, comme elle l'avait toujours été.

- ... Brûler, tu dis ?


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Mar 27 Sep - 19:49

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Cela l’agaçait tellement de se disputer seule.
Berwald n’avait jamais été très bavard, et si son calme rationnel l’aidait parfois à s’apaiser, il avait tout aussi souvent l’effet inverse.
A l’instant, Marlene voulait juste une réaction. Une preuve qu’il restait encore ne serait-ce qu’une minuscule étincelle dans cette coquille tant aimée et chérie.
L’asile vous rendait bien souvent plus fous que ce que vous ne l’étiez en y entrant, et elle n’avait réussi à tenir jusque là que par sa présence. Si Berwald venait à s’opposer à elle et donc à la laisser seule, elle ne saurait que faire.

Elle avait la sensation d’avoir commencé à vivre avec le meurtre de Ted, libérée de ses entraves et du joug de son mari abusif, mais cette sensation de liberté et de vie n’avait pu perdurer qu’avec l’aide de Berwald. Lorsqu’elle se vantait de n’appartenir à personne, ce n’était qu’un mensonge ; elle était sienne, corps et âme.
Elle était sa muse, son inspiration, elle l’aidait à créer et il lui offrait peu à peu ses bras et son coeur ; elle comptait enfin pour quelqu’un. Il lui semblait avoir trouvé sa place, en tant que faucheuse sublime. Elle tuait pour l’art, mais elle avait vécu pour lui et à travers lui, et son si long silence était ravageur pour elle.
Allait-il l’abandonner alors qu’ils étaient allés si loin ? Alors qu’ils n’avaient jamais eu que l’un et l’autre ? Peut-être qu’il ne voulait pas d’une famille, finalement ? Peut-être que tout avait été un mensonge, depuis le début. Elle serra les poings, se retenant tant bien que mal d’exploser maladroitement dans des paroles et des gestes qu’elle regretterait sans doute.

Enfin, après ce qui lui sembla être des heures, il parla.

- ...Brûler, tu dis ?

Son coeur rata un bond. Evidemment qu’il n’allait pas l’abandonner et qu’il allait abonder dans son sens. Ce qu’elle lui proposait, après tout, était une perspective d’avenir à ses côtés, et la Danoise se sentait stupide d’avoir douté de son emprise sur le Suédois et surtout de son amour pour elle ; mais encore une fois, cet asile rendait fou et faisait perdre ses moyens à quiconque y passait une période de temps trop étendue.

Féline dans sa démarche, elle s’approcha de nouveau de lui et enroula ses bras autour de son cou, un sourire carnassier aux lèvres, avant de lui souffler à l’oreille, comme un démon tentateur :

- Je savais bien que tu finirais par entendre raison. Et tu sais quoi ? Je sais exactement à qui demander pour ça.

Après tout, le feu restait encore le meilleur moyen d’exorciser les démons ; et St Dymphna en était rempli.

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