1952. L'asile de St. Dymphna accueille de nombreux patients, meurtriers, malades ou même sorcières de toutes origines. Et vous, pourquoi êtes-vous ici ?
 

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« C'est donc quand je ne suis plus rien, que je deviens vraiment un homme. » | Grèce

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Lun 7 Nov - 15:03



Présentation

Hell is empty and all the devils are here.



Identité


Nom(s)

Karpusi

Prénom(s)

Herakles

Date/lieu de naissance

25/03/1924 à Athènes, Grèce
Sexe

M

Ethnicité

Caucasien

Cheveux

Brun
Yeux

verts

Taille

179 cm

Poids

76 kg

Dossier médical

Diagnostic psychiatrique

Meurtre, inceste, dépression.

Autres pathologies

Narcolepsie, complexe d'Œdipe.

Précautions de traitement

Veillez à ce qu'il ne dorme pas trop la journée, ne pas mentionner sa mère


Arrivée à St. Dymphna



Un sourire radieux. Une voix angélique. C'est tout ce dont je me souviens. Le temps ronge la mémoire, efface les souvenirs. Mais cela n'enlève pas la douleur, la colère et la honte. La douleur de perdre celle qu'on aimait. La colère de n'avoir rien fait pour empêcher ça. La honte d'avoir aimer sa mère.

Je rêve encore d'elle. Je me plais à l'imaginer à mes côtés. Ses boucles brunes tombent en cascade dans son dos dénudé. Ses prunelles émeraudes brillent de tendresse alors qu'elle pose un regard protecteur sur moi. Elle est belle. Mieux, elle est splendide et je vois en elle la perfection incarnée.

Je sens ses doigts fins se glisser dans mes cheveux, avant de venir caresser ma joue. Ses gestes sont tendre, délicats. Sa voix cristalline monte à mes oreilles, telle une douce mélodie dont on ne peut se passer, tel le chant envoûtant des sirènes.

« Il faut te réveiller, chaton. »

Non, je ne veux pas. Nous sommes si bien ici, nous sommes ensemble. Là, il fait chaud et personne ne viendra nous séparer. Là, personne ne me juge et je ne suis coupable de rien. Là, ton cœur bats encore et tes rires réchauffent le mien.

Je sais que lorsque j'ouvrirais les yeux, tu auras disparut et je serais seul. Seul dans le noir, seul face à ce destin tragique qui est le mien. Seul face à la vie cruelle qui détruit les hommes et à ces éternels regrets qui rongent mon âme.
Seul. Abandonné. Loin de toi.

« Réveillez-vous, monsieur Karpusi ! »

Cette voix criarde, ce ton autoritaire... Ce n'est pas ma mère.

J'ouvre alors les yeux. L'ampoule vacille au dessus de nos têtes, éclairant avec peine le visage de la femme en face de moi. Ses petits yeux noisettes me fixent, cachés derrière le verre opaque de ses lunettes rondes. Sa longue tunique noire et la croix pendant à son cou m'indiquent que c'est une religieuse.

« Je récapitule, vous êtes Herakles Karpusi, 28 ans, né en Grèce et vivant aux Etats-Unis depuis l'âge de 8 ans car vos parents fuyaient la crise économique... »

Elle parle dans le vide. Ses mots ne sont qu'un vague mélange de sons et arrivent à mes oreilles dans un bourdonnement insupportable.

Je baille, clignant plusieurs fois pour m'habituer à la faible lumière. Je lutte contre cet état d'ivresse dans lequel je suis encore plongé. Tout est encore flou, vaseux. Je n'ai plus de repère, rien à quoi me raccrocher.

J’émerge lentement. La nonne a fait une pause dans son monologue, ayant comprit que je ne l'écoutais pas. Un fin sourire amusé se dessine sur son visage, creusant une adorable fossette au bord de ses lèvres. Le ton ironique qu'elle emploie me fait comprendre qu'elle se fiche de moi.

« Ce n'est pas très agréable, la narcolepsie , n'est-ce pas ? Mais ne vous inquiétez pas, nous vous donnerons un traitement pour revenir dans la réalité et tout ira mieux.

- Et qui vous dit que ce n'est pas l'inverse ?
»

Elle me regarde, intriguée, comme si j'avais formulé le pire des blasphèmes. D'un ton calme, presque détaché, je poursuis.

« Et si l'instant présent n'était qu'un rêve, un cauchemar infini ? Si ce que l'on nomme rêve se trouvait être en fait la réalité ? Notre discussion actuelle ne serait alors qu'une illusion de mon esprit et vous seriez simplement le reflet de mon inconscient. Alors la mort serait une délivrance, la fin de ce rêve stupide et un véritable réveil. Dans un monde meilleur, libéré de toutes souffrances. »

Il est fou. Voilà ce qu'elle se dit en ce moment même. Elle n'ouvre pas la bouche, mais son regard parle pour elle. Ce n'est pas de la compassion, ni même du dégoût. Juste de l'l'incompréhension.

« Le paradis n'est pas sur terre, c'est certain, mais mettre fin à ses jours n'est pas la solution pour y accéder..., réplique-t-elle alors en enroulant son chapelet autour de ses doigts. Vous êtes croyant monsieur Karpusi, vous devez savoir que Notre Seigneur n'apprécie pas les suicidaires. Et encore moins les meurtriers. »

Son regard lourd de reproches me dévisage, alors qu'elle termine sa phrase. Je ne soutiens pas ce regard, je ne nie pas être coupable.

Oui, j'ai tué. Pire, cela m'a fait plaisir. Je me suis délecté de la souffrance de ma victime, lui ôter la vie m'a gonflé d'un fort sentiment puissance et d'invincibilité.

C'était en 1940, un jour d'octobre, je n'avais que seize ans. J'avais osé me dresser devant ce père trop violent et lui dire non. Son comportement intolérable n'avait que trop duré. Et alors que le peuple de Grèce refusait de se laissait écraser par l'envahisseur, je bravais mon propre père.

Un instant, je me suis senti Dieu, décidant qui a le droit de vivre et qui doit périr. J'étais à la fois avocat, juge et bourreau. Défendant ma mère, accusant mon père et poignardant l'homme qui a osé frapper sa femme.

Je ne valais pas mieux que lui en fin de compte. Agissant au gré de mes émotions, me laissant submerger par cette haine farouche. Guider par cet instinct primitif, je n'étais plus qu'un animal. Je n'avais plus rien d'humain et le sang maculant mes vêtements soulignait la cruauté de mes actes. Réduit au rang de barbare, d'animal sauvage, ai-je encore une part d'humanité ?

Peut-être, si j'avais eu des regrets. Mais il n'y avait que cette douce sensation du travail accomplie. Et une immense joie. Enfin, il n'y avait plus d'obstacles entre elle et moi ! Et quelle fut ma déception quand elle me rejeta...

La voix de la bonne sœur me tire hors de mes pensées. Un peu plus et j'aurais à nouveau glissé dans les bras de Morphée.

« Nous ne sommes pas ici pour vous juger, annonce-t-elle avec un sourire trop forcé pour être compatissant. Ce n'est pas votre faute, c'est dans votre tête. La violence, l'homosexualité, la folie... Tout cela ne sont que des imperfections de l'homme. Mais avec quelques prières et un bon traitement, nous pouvons vous soigner. »

Je tique à peine sur sa réflexion sur ma sexualité, trop habitué à ce genre de remarques stéréotypées. Peu importe ce que je fais et avec qui je le fais, je suis coupable de bien pire. L'amour est un crime, la passion est dévorante et l'inceste le plus abjecte des péchés. Coupable d'avoir aimé celle qui m'a mis au monde, je me retrouve ici à subir un interrogatoire inutile.

« Je ne suis pas malade... »

La pauvre femme secoues la tête, convaincue que je nage en plein délire. Si ce n'est pas le cas, je ne serait pas là, non ? Tel est son raisonnement stupide.

« Parricide, folie, harcèlement, narcolepsie, vous avez également poussé votre mère au suicide... Le premier pas vers la guérison est d'accepter son état. »

Et si cela ne marche pas, il y a les médicaments pour vous rendre aussi inoffensif qu'un légume. Elle ne le dit pas, mais elle le pense très fort.

Je ne suis pas malade, juste lâche. Loin d'avoir le courage et la force du héros dont je porte le nom, je n'ai que sa terrible violence qui le fit massacrer sa famille. Pas de douze travaux pour me repentir, j'errais sans but dans les rues de la ville. Pas d'ami, plus de famille, j'ai accepté cette triste punition en silence, trop faible pour me battre.

Il y a bien eu cette dame, s'occupant des chats abandonnés. Elle m'accepta et je l'aidais dans sa tâche, ayant l'impression de faire enfin une bonne action. J'appréciais beaucoup la présence des félins à mes côtés. Ils ne me jugeaient pas et me rappelaient ma mère. C'était une femme fière, indépendante et mystérieuse. Mais comme ces pauvres bêtes, elle n'avait pas eu une vie facile. Elle était morte par ma faute, effrayée par ma folie, dépassée par mes actes.

Mais malgré mes quelques bonnes actions, mes mains restaient tachées de sang et l'on ne peut pas cacher éternellement un secret aussi lourd. Quand la pauvre femme découvrit mon terrible fardeau, elle me dénonça. Je ne lui en veux pas, elle a fait ce qui lui semblait juste.

Instinctivement, mes doigts caresse l’œil bleu au fond de ma poche, cette amulette censée lutter contre le mauvais œil. Mais à quoi bon ? Le destin des hommes est tracé à l'avance et personne ne peut y échapper.

Pourtant j'ai essayé, mais je n'ai trouvé qu'une solution provisoire. Les rêves. Là tout est permis, là le moindre de mes souhaits devient une réalité absolue. Je m'enivre de ses illusions, leur donnant plus de valeur que cette réalité futile. Enfin je peux être tel que je suis vraiment. Plus de doutes, plus de regrets. Juste ce sentiment apaisant de béatitude. Mais au fil de mes rêveries, alors que je vivais des jours meilleurs dans ce petit cocon imaginaire, ma vie réelle est devenue mon pire cauchemar.

Œdipe s'est crevé les yeux, moi je les ai fermé. Le résultat est le même, nous refusons cette tragique réalité qui a fait de nous des meurtriers. Le poids des remords est un lourd fardeau que nous portons sur nos épaules. Chaque jour qui passe est une nouvelle poignée de sel jetée sur nos plaies à vif.

Je ne compte plus les jours, je ne compte plus les années. Le temps s'écoule inlassablement mais il n'y a pas une seconde pendant laquelle je ne pense pas à elle. J'ai trop pleuré, j'ai trop fuit. A présent, il est trop tard pour reculer et je paye enfin le prix de mes atrocités.
 
Laissant de côtés mes pensées trop envahissantes, je réalise que la nonne s'est levé pour faire le tour de la table. Elle est à présent en face de moi, posant la main sur son cœur.

« Je prierais pour votre salut. »

Le contact froid du métal sur ma peau me fait frissonner et je baisse les yeux sur mon poignet. Les petites mains de la nonne s'agitent et referme un bracelet autour de mon avant-bras.

Ça y est. Je ne suis plus qu'un numéro, dénué d'humanité. Un malade de plus à soigner à Saint-Dymphna.

Je me souviens alors de la sainte ayant donné son nom à ce lieu sinistre. Pauvre martyre chrétienne, elle fut décapitée pour avoir refusé d'épouser son père et elle est à présent la patronne des malades mentaux et des asiles. Asile dans lequel est enfermé Herakles Karpusi, pour avoir voulu épouser sa mère.

Ironie du sort ou cruelle destiné ?



Le joueur

Nom/pseudo

Ely

Âge

22 ans

Comment avez-vous connu le forum ?

Via les partenaires

Un dernier mot ?

J'aurais tellement voulu jouer papy Rome :/
Mon avatar est un chouia trop grand, j'arrangerais ça quand mon ordi sera réparé !

© APH Asylum

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Messages : 7
Date d'inscription : 16/10/2016
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Lun 7 Nov - 15:33
Mon chou!!! Tu nous a rejoint je suis content de te voir!!!
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Localisation : piégé dans son esprit
Statut : ...Je suis pas schizophrène voyons ! j'arrête pas de vous le répéter !
Messages : 11
Date d'inscription : 07/10/2016
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Lun 7 Nov - 16:19
Kia Ora Herakles ! *c'est qu'on est envahi par les incestueux en ce moment ! c'est génial !*...Mary, tu as encore des pensées bizarres :3

Bienvenue ^^
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Localisation : Peut-être encore à la morgue.
Statut : Avant j'étais schizo, mais maintenant on va mieux.
Messages : 27
Date d'inscription : 08/04/2016
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Lun 7 Nov - 17:24
Oi oi, Oedipe-chan.

Bienvenue ;D
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Messages : 3
Date d'inscription : 06/11/2016
Age : 86
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Lun 7 Nov - 18:23
Bienvenu à toi !
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Messages : 37
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Shachath
Compte fonda
Lun 7 Nov - 20:19
Félicitations, je te valide ♥ Très bonne fiche !
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Messages : 4
Date d'inscription : 07/11/2016
Age : 93
Membre
Lun 7 Nov - 20:45
Merci à tous pour votre accueil et pour la rapide validation de ma fiche :)

Et je ne savais pas que tu étais là toi aussi mon chou !!
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